Indonésie Des palmiers à sucre contre le dérèglement climatique

Photographie : Guillaume COLLANGES     Textes : Guillaume JAN    

Levée de soleil sur les collines autour de Tomohon. Au nord de l’île indonésienne de Sulawesi, l'agriculture est la principale cause de déforestation.
Jusuf Wungow incise les branches d’un palmier aren pour en récolter la sève sucrée.
Jusuf Wungow, 63 ans, récolte du sucre de pame depuis l’âge de 14 ans. Le travail est dur, mais il en vit bien depuis que les récoltants de son village se sont organisés en coopérative.
Chaque matin, les récoltants en sucre de palme grimpent à 8 ou 10 mètres pour s’occuper des branches de leurs arbres et en faire monter la sève.
Un palmier aren peut donner quotidiennement jusqu'à 50 litres de sève sucrée. De quoi produire sept kilos de sucre en poudre.
La sève est récoltée deux fois par jour.
La sève est ensuite stérilisée pour bloquer la fermentation alcoolique qui rendrait impossible la cristallisation en sucre.
La vie sociale se traduit par de nombreuses fêtes (d’anniversaires ou religieuses) organisées avec la famille et les voisins proches.
Lors des soirées festives, les hommes boivent du saguer, alcool léger composé à partir du jus sucré du palmier aren.
La terre est bonne dans cette région volcanique de l’Indonésie. Les plaines sont utilisées pour la riziculture.
Stedy Moningka s’occupe d’une dizaine d’arbres chaque matin et récolte quotidiennement entre 30 et 50 litres de jus sucré.
Le métier de récoltant demande à la fois de la force et de la technique. Pour stimuler la production naturelle de ses palmiers aren, Stedy monte au sommet des arbres et tape longuement sur les branches qu’il a préalablement incisées.
Les récoltants montent pieds nus à plus de 10 mètres de haut, sur une échelle creusée dans un bambou.
A l’aide d’un maillet de bois, les récoltants tapent longuement les branches préalablement incisées pour y faire monter la sève. Les palmiers aren demandent un travail quotidien pour maintenir leur production.
Quand il n'a plus assez de bidon en plastique, Stedy utilise la méthode de ces ancêtres : un bambou pour récolter la sève sucrée.
Pour alimenter le feu qui stérilisera le jus sucré, Stedy utilise du bambou : une espèce abondante et rapidement renouvelable.
Le nord Sulawesi est principalement chrétien : les fidèles font leur prière avant chaque repas.
L'usine de sucre Masarang achète 2000 roupies le litre. Un bon récoltant peut ramener jusqu’à 200 litres par jour. Ce qui lui rapporte environ 30€.
Le taux de sucre récolté est noté pour chaque récoltant. En dessous de 14% de sucre, l’exploitant sera moins bien payé.
L'usine de sucre Masarang achète 2000 roupies le litre. Un bon récoltant peut ramener jusqu’à 200 litres par jour. Ce qui lui rapporte environ 30€.
Stedy et sa femme travaillent ensemble à la récolte de sève sucrée et à sa stérilisation.
Stedy et sa femme gagnent bien leur vie, ils font partie des notables du village.
Messe dominicale dans une église des environs de Tomohon. Le nord Sulawesi est principalement chrétien.
Comme tout rassemblement, la réunion des récoltants commencent par une prière.
Une tontine est organisée par ce regroupement de récoltants.
Le cap tikus, distillé à partir du jus du palmier aren, est parfois consommé sans modération. Dans certains villages, cet alcool fort est considéré comme un fléau sanitaire. Les autorités indonésiennes aimeraient supprimer cette pratique.
Grâce à la géothermie, Le nord du Sulawesi est entièrement alimenté en électricité. Une partie de la vapeur est utilisée par l'usine de transformation du sucre.
Grâce à la géothermie, Le nord du Sulawesi est entièrement alimenté en électricité. Une partie de la vapeur est utilisée par l'usine de transformation du sucre.
Grâce à la géothermie, Le nord du Sulawesi est entièrement alimenté en électricité. Une partie de la vapeur est utilisée par l'usine de transformation du sucre.
Alors que la méthode traditionnelle nécessitait de grandes quantités de bois pour chauffer la marmite et transformer la sève en sucre, la géothermie permet de réduire ces quantités de bois et donc réduit la déforestation.
Le sucre brun obtenu a de bonnes qualités gustatives et nutritionnelles.
La montagne Masarang. La fondation éponyme rachète les terres agricoles pour en reboiser les versants. Le palmier à sucre sert de modèle économique pour une exploitation durable de la forêt.
Un salarié de la fondation transporte de jeunes plants de palmiers à sucre pour les replanter.
Deux rangers dans leur tournée de surveillance. Cette zone a été rachetée par la fondation Masarang, puis reboisée. Depuis que le couvert végétal est replanté, il n'y a plus d’inondations à Tomohon, la ville en aval, et les sources coulent à nouveau, même pendant la saison sèche.
La fondation Masarang plante des arbres sur les versants de la montagne du même nom, jusqu'alors envahie par les herbes hautes.