La dernière goutte d’eau de Bangalore

Photographie : Laurent WEYL     Textes : Sébastien DAYCARD HEID    

Bangalore - Lac de Bellandur Gigantesque égout à ciel ouvert, le lac de Bellandur recueille 60% des effluents de la ville chargés de métaux lourds, nitrates, phosphates… Lors de fortes pluies, une mousse se forme à la surface de l’eau tel le reflet visible de la pollution des eaux de toute la ville.
Pebble Bay Au nord de Bangalore, Pebble bay est un complexe immobilier pour classe aisée dont les piscines sont alimentées avec l’eau de la nappe phréatique. Tous les dix ans, la population de la ville est multipliée par deux.
Quartier de Sarjapur, Là où un village comptait une centaine de maisons, des complexes immobiliers de mille appartements poussent comme des champignons pour accueillir les travailleurs de l’informatique, qui forment l’essentiel de la classe moyenne. Sarjapur District
Where a village has a hundred or so houses, real estate complexes of a thousand apartments grow like mushrooms to accommodate computer workers, who form the bulk of the middle class.
Quartier de Vyalikaval, Dans le centre-ville, des châteaux d’eau permettent aux habitant de stocker l’eau des nappes phréatiques, de piètre qualité.
Quartier de Chamundeshwari, 40% de la population de Bangalore dépend de l’eau des nappes phréatiques comme dans le quartier de Chamundeshwari. Grâce au système de traitement à osmose inversée, ce quartier non connecté à l’eau courante peut satisfaire ses besoins en eau. Après filtration, 70% de cette eau qui concentre les polluants, est rejetée dans la nature.
Quartier de Vyalikaval, Jeune homme rentrant chez lui après avoir rempli ses jarres.
Quartier de Vyalikaval, La corvée d’eau fait partie du quotidien de cette ville de 12 millions d’habitants. Ici, les habitants ont la chance d’avoir accès à l’eau de la rivière Cauvery, potable et gratuite, pendant trois heures tous les deux jours.
Quartier de Whitefield, Rammu livre son eau à l’hôpital. Dès qu’on sort du centre-ville, logements, bureaux, maisons individuelles, magasins, hôpitaux ne sont pas connectés au réseau de la ville. 90% de l’industrie et des services vit sous perfusion grâce à l’eau des nappes phréatiques, selon la fondation Ashoka.
Quartier de Whiteflied, Rammu recharge son camion-citerne avant la prochaine livraison. Les patrons des camions s’arrangent le plus souvent avec des propriétaires terriens pour louer un espace et creuser un puit dans la nappe phréatique afin de recharger leurs camions.
Quartier nord de Bangalore, La raréfaction de l’eau a réhabilité une activité très ancienne, celle des Mannu Vaddars. Creuseurs de puits de père en fils, cette corporation crée des points de collecte des eaux de pluies et de recharge des nappes phréatiques, une des solutions les plus simple et les plus efficace pour éviter une pénurie d’eau.
Sarjapura Road, Ces femmes profitent du temps pendant lequel ce camion-citerne est l’arrêt pour récupérer un peu d’eau.
Bidonville près de Jakkur 15 % de la population originaire du Karnataka, de l’Andhra Pradesh, de l’Assam ou du Manipur vit dans des bidonvilles. Le propriétaire, en louant les terrains provisoires fournit en général l’accès à l’eau.
Ozone prestige compound à Whitefield. L’ensemble de la population vit dans le déni de la réalité qui prédit une pénurie d’eau pour 2025 au plus tard.
Compound Rainbow drive, Lakshmi Vishwanath habite à Rainbow drive, un compound écologique, depuis 3 ans : « Cela devrait être un effort collectif de recharger les nappes phréatiques et d’être plus durable sur la manière de consommer cette eau. Tous ceux qui viennent s’installer ici changent leur état d’esprit sur la récolte des eaux de pluies, et le traitement de l’eau et des déchets. C’est un changement qui doit venir de l’intérieur ».
Fun world, Water park à Bangalore. Pour les classes moyennes et les riches l’eau coule encore à flots. Mais l’ensemble de la population vit dans le déni alors que les études scientifiques prédisent une pénurie d’eau pour 2025 au plus tard.
District Panathur, Cette zone humide dépend du lac Kaikondrahalli. Au total, trois lacs ont déjà été restaurés à Bangalore.
Ecole privée du district Varthur, Professeure dans une école privée, Allinari explique à ses élèves que le lac de Varthur, situé en aval de Bellandur, est aujourd’hui très pollué et qu’il ne faut pas s’en approcher même pour jouer. Allinari est persuadé qu’un mode de vie plus écologique est possible via l’éducation.
Lac de Varthur, Ici, sortie avec ses élèves au lac Varthur afin de récupérer des échantillons d’eau pour l’analyser : « Ce qui m’inquiète encore plus, c’est la santé de mes élèves. La gastro enterite, la dengue ou la malaria à travers la prolifération des moustiques et les problèmes rénaux sont fréquents ici ».
Lac de Jakkur, L’association Jalapooshan organise des visites guidées près du lac de Jakkur, où les visiteurs apprennent à entretenir ce patrimoine, en replantant des zones humides, essentielles à la préservation des lacs, qui peuvent ensuite recharger les nappes phréatiques avec une eau de qualité.
Sud-ouest de Bangalore, Jusqu’à présent, la résolution du problème était mise en œuvre par des ingénieurs à travers des travaux hydrauliques pour obtenir davantage comme ces deux pipelines qui apportent l’eau de la rivière Cauvery vers la ville de Bangalore. Mais cela reste insuffisant pour approvisionner une ville de 12 millions d’habitants.
District de Mandya, au sud de Bangalore. Lakshmi, 42 ans a perdu son mari en 2018. Couvert de dettes et incapable de rembourser, après deux années passées sans récoltes, il s’est suicidé. 1200 personnes ont connu le même sort depuis 2017, principalement par manque d’eau.
District de Mandya, au sud de Bangalore. « Le barrage, qui alimente aussi Bangalore, ne relâche plus suffisamment d’eau pour nous approvisionner », témoigne Suresh, cultivateur de riz près de Mandya.
District de Mandya, au sud de Bangalore, temple près de Srirangapatna. Le dimanche des familles entière viennent prier ou se détendre dans la rivière Cauvery.