Chine : la colère du dragon jaune

Photographie : Eléonore HENRY DE FRAHAN     Textes : Aude RAUX    

Au printemps, à chaque tempête, des grains de sable viennent se déposer sur Longbaoshan. Inlassablement.
Zhang Ming surpris par un vent de sable qui se lève, alors qu'il se rend sur ses champs.
Pour pouvoir rester à Longbaoshan, Weifengying Li s'est lancé, avec sa femme, dans l’élevage de canards.
Au printemps, tous les matins, à 7 heures, Weifengying Li part creuser des trous afin de boiser les terres au pied de la grande muraille, pour le compte du gouvernement. Sa paye : 30 yuans par jour, soit 3 euros.
La Chine est l’un des pays les plus touchés par la désertification. Le quart du territoire est déjà affecté et le désert gagne désormais chaque année plus de 2 500 kilomètres2.
Dès le mois de mars, de gigantesques tempêtes de sable se lèvent, condamnant des éleveurs à laisser leur troupeau et des cultivateurs à quitter leur terre.
Pour contrer l’avancée du désert, le gouvernement a lancé la « Grande Muraille verte ». L’objectif vise à planter de vastes étendues d’arbres et d’arbustes depuis la périphérie de Pékin jusqu’aux frontières de la Mongolie intérieure.
« Ces tempêtes de sable montrent de façon extrême les ravages de l’érosion en Chine. Un phénomène non seulement dû à la main de l’homme, mais également au réchauffement climatique. Malheureusement, s’il pleut moins à cause de la pollution atmosphérique, cela risque de s’aggraver. Lorsque le vent soulève les poussières de sable, les particules, en retombant, créent un impact qui contribue à l’érosion puisqu’elles arrachent les racines et les herbes ». Michel Ayrault, chercheur au CNRS.
Les « colères du dragon jaune » ainsi surnomme-t-on les tempêtes de sable en Chine.
La Chine est l’un des pays les plus touchés par la désertification. Le quart du territoire est déjà affecté et le désert gagne désormais chaque année plus de 2 500 kilomètres2.
Dès le mois de mars, de gigantesques tempêtes de sable se lèvent, condamnant des éleveurs à laisser leur troupeau et des cultivateurs à quitter leur terre.
Dès le mois de mars, de gigantesques tempêtes de sable se lèvent, condamnant des éleveurs à laisser leur troupeau et des cultivateurs à quitter leur terre.
Haute de 30 mètres, la dune de sable se trouve aujourd’hui à moins de 70 mètres des premières maisons de Longbaoshan et avance à une moyenne de 8 à 9 mètres par an.
« À cause de la sécheresse, rien ne pousse ici. On compte sur le ciel, mais il ne pleut que du sable. » Dehai Li.
Dès qu’une tempête se lève, les habitants de Longbaoshan se réfugient dans leurs maisons. Mais ils ne sont jamais à l’abri des grains de sable qui s’infiltrent, inlassablement. Comme ici, La mère de Weifengying Li, 68 ans.
Dès qu’une tempête se lève, les habitants de Longbaoshan se réfugient dans leurs maisons. Mais ils ne sont jamais à l’abri des grains de sable qui s’infiltrent, inlassablement. Comme ici, La mère de Weifengying Li, 68 ans, entourée de sa famille qui a pris place sur le kang, le lit traditionnel du nord de la Chine.
L’unique école du village rassemble 70 enfants en uniforme.
Sur les 900 habitants que rassemblait Longbaoshan, 200, depuis les quinze dernières années, se sont déjà exilés dans la capitale.
Depuis que le père de Dang Guo Qing Li, 8 ans, est parti travailler à Pékin en 2002 et que sa mère l’a rejoint trois ans plus tard, c’est son grand-père, resté au village de Longbaoshan, qui veille sur lui.
"Le gouvernement mène une politique d’exode rural, offrant une nouvelle vie pour les paysans ». Wang Tao, directeur de l’institut de recherche des terres arides à l’académie des sciences de Chine
Selon l’académie des sciences météorologiques de Chine, alors que dans les années 1950 on répertoriait en moyenne par an cinq « vents noirs » (lorsque, pendant une tempête de sable, la visibilité est inférieure à 200 mètres et la vitesse du vent supérieure à 20 mètres par seconde), ce chiffre a doublé depuis le début des années 2000.
Depuis que le père de Dang Guo Qing Li, 8 ans, est parti travailler à Pékin en 2002 et que sa mère l’a rejoint trois ans plus tard, c’est son grand-père, resté au village de Longbaoshan, qui veille sur lui.
Au pied de la dune, Weifengying Li ramasse du sable à la pelle pour son élevage de canards.
« Ces tempêtes de sable montrent de façon extrême les ravages de l’érosion en Chine. Un phénomène non seulement dû à la main de l’homme, mais également au réchauffement climatique. Malheureusement, s’il pleut moins à cause de la pollution atmosphérique, cela risque de s’aggraver. Lorsque le vent soulève les poussières de sable, les particules, en retombant, créent un impact qui contribue à l’érosion puisqu’elles arrachent les racines et les herbes ». Michel Ayrault, chercheur au CNRS.
« Depuis 50 ans, on assiste à une augmentation des températures et à une baisse des précipitations. Le fait est particulièrement marquant dans le Hebei où l’on est passé d’un classement de zone semi-aride à aride. Sun Baoping, professeur à l’université forestière de Pékin et expert auprès du ministère des ressources en eau.
Pour contrer l’avancée du désert, le gouvernement a lancé la « Grande Muraille verte ». L’objectif vise à planter de vastes étendues d’arbres et d’arbustes depuis la périphérie de Pékin jusqu’aux frontières de la Mongolie intérieure.
La Chine est l’un des pays les plus touchés par la désertification. Le quart du territoire est déjà affecté et le désert gagne désormais chaque année plus de 2 500 kilomètres2.
Un nouvel exil : Dang Jin Liang part pour la capitale, en quête de travail.
Les parents du petit Dang Guo Qing Li travaillent de longues journées dans les cuisines et sur les chantiers de la ville.
Le père de Dang Guo Qing Li, exilé à Pékin.
Dang Jin Liang et son mari, exilés à Pékin.
Chaque printemps, le sable du désert de Gobi, balayé par les tempêtes, parvient sur Longbaoshan puis déferle sur Pékin. La capitale de la Chine se retrouve alors des jours entiers sous un brouillard dense et des pics de pollution élevés.
Chaque printemps, le sable du désert de Gobi, balayé par les tempêtes, parvient sur Longbaoshan puis déferle sur Pékin. La capitale de la Chine se retrouve alors des jours entiers sous un brouillard dense et des pics de pollution élevés.