Maldives : un archipel à fleur d’eau

Photographie : Guillaume COLLANGES    

Vue d’avion, c’est d’abord l’émerveillement. Un monde en camaïeu bleu, à moins qu’il ne soit vert, inondé de soleil. Jetées comme au hasard des vents par une semeuse céleste, de pleines poignées d’émeraudes sont retombées en anneau dans l’océan bleu nuit. Les lagons affleurent l’onde comme autant de perles éparpillées ( lire plus ...)

Menacés par la montée du niveau des mers provoquée par le réchauffement de la planète, les Maldiviens s’interrogent. Rejoindront-ils, d’ici la fin du siècle, les 150 millions de réfugiés climatiques annoncés par les experts internationaux ? Devront-ils trouver refuge en Inde, au Sri Lanka, en Australie ? La solution n’est peut-être pas à chercher aussi loin. Construite pour faire face à la surpopulation de Malé, la capitale, une île artificielle gigantesque est en construction. Baptisée Hulhumalé, elle préfigure peut-être l’avenir des Maldives. Alors que 150 000 personnes habiteront Hulhumalé à l’horizon 2040, 2 000 y sont déjà installés. Parmi elles, Mariyam, Hanan et de leurs 6 enfants. Du haut du 4ème étage de leur immeuble tout neuf, ils ont vu le tsunami du 26 décembre 2005 déferler sur Hulhumalé. « Ce jour-là, raconte Mariyam, comme tous les Maldiviens, nous avons pris conscience des dangers de la mer, d’habitude si paisible avec nous ». Une sentiment avec lequel, face à la montée du niveau de l’eau et le phénomène d’érosion des côtes qui en découle, les jeunes générations de Maldiviens vont devoir vivre. D’autant plus rapidement que la barrière de corail, véritable digue naturelle qui protège les îles contre l’assaut des vagues, ne résistera probablement pas à une augmentation rapide de la température de l’eau.