La mer d'Aral

Photographie : Laurent WEYL    

A l'entrée d'Aralsk, cette arche rappelle aux voyageurs qu'ils sont en territoire kazakh autant que kazakhstanais. Les Russes ont abandonné la place livrée à la neige et au vent.
L’arrivée en gare d’Aralsk, dernière étape avant de s’aventurer sur les chemins de traverse qui mènent aux village des pêcheurs.
En 2004, le président Nazarbaiev a visité Aralsk. Depuis, ce panneau publicitaire annonce le désir gouvernemental de voir revivre la mer d'Aral.
A Tastobek, le vaisseau du désert s’est transformé en insubmersible des étendues glacées.
La traite rituelle
Au début de l’hiver, on nettoie les filets des algues de l’été.
Dès six-sept ans, les enfants savent dominer et chevaucher les chameaux.
Le chameau ne peut marcher sur la glace que si celle-ci est couverte d’une pellicule de neige. Autrement ses patins glissent, comme ceux des chats.
Le chameau emmène les hommes vers le point de pêche, à quelques kilomètres du village.
Le chameau emmène les hommes vers le point de pêche, à quelques kilomètres du village.
L’homme soulève et abat le pilon pour faire un trou dans la glace. Le chameau se repose. Sa part du travail vient avant et après.
Creuser sans laisser la masse s’enfoncer dans la glace : la technique est rôdée.
D’un trou à l’autre, les pêcheurs comptent dix pas. Avec l’immensité blanche pour seul témoin de leur labeur.
La couche gelée peut faire jusqu’à un mètre de profondeur. La découverte d’une crevasse est une aubaine qui garantit un retour au chaud moins tardif.
Le chameau est attaché par les naseaux au traîneau. Cette entrave évite qu’il ne s’enfuie.
Ertaz Akhkoshkarov sort le filet posé la veille.
La cigarette, seule pause admise entre deux série de trous. Les hommes restent sans manger toute la journée.
Un à un, les poissons sont ôtés du filet glacé.
La couche gelée peut faire jusqu’à un mètre de profondeur.
Ces restes de ponton témoignent que ce banc de terre fut un jour submergé.
Des « kommersants » sont arrivés pour acheter le poisson. Chaque famille apporte son butin, parfois maigre.
La pesée se fait cageot par cageot et les pêcheurs surveillent le pèse-personne souffreteux, avant de balancer le poisson dans la benne ouverte du camion.
La pesée se fait cageot par cageot et les pêcheurs surveillent le pèse-personne souffreteux, avant de balancer le poisson dans la benne ouverte du camion.
Guljamat vérifie les leçons en russe et en kazakhe de son fils et de la petite voisine.
Détail de l’école.
A huit mois, le bébé est toujours attaché au lit à bascule.
Guljamat sert le thé au lait, assise en bout de table. La tasse doit être à moitié remplie pour inciter l'épouse à veiller à ce que les convives ne manquent jamais de thé.
Guljamat fabrique même son pain. L’hiver, Tastobek vit en autarcie.
A l’automne, Jakslik tue un chameau. Sa viande est conservée dans le hangar. Elle nourrit la famille tout l’hiver.
Guljamat cuisine. Le poêle collé au mur chauffe les quatre pièces de la maison.
La nuit on s’éclaire à la lampe à pétrole, le village n'étant pas relié à l’électricité.
Aucun lampadaire pour briser la tranquillité du village.
Pour éviter que le froid ne le saississe loin de la maison, Jakslik prie accroupi, les mains en bol devant son visage baissé, pendant que le mollah récite une prière.
Les troupeaux sont menés à paître par tous les temps. Certains restent plusieurs jours dans la steppe mais les pêcheurs vérifient de temps à autre, fusil en bandoulière, qu’ils ne sont pas tombés sous les crocs des loups. Ces chameaux des neiges ont développé une fourrure drue dont on fait chaussettes et pulls.
Les troupeaux sont menés à paître par tous les temps. Certains restent plusieurs jours dans la steppe mais les pêcheurs vérifient de temps à autre, fusil en bandoulière, qu’ils ne sont pas tombés sous les crocs des loups. Ces chameaux des neiges ont développé une fourrure drue dont on fait chaussettes et pulls.
Par tous les temps, le linge sèche.
Ces claies paraissent tellement fragiles face aux bourrasques de vent.
Les carcasses vidées de leur appareillage n’ont pas perdu de leur grandeur. .
Trois bateaux en exposition dans le port désaffecté pour enseigner l’histoire d’Aral aux enfants nés « après ».
A contre-jour, les chaluts rouillés semblent attendre le retour miraculeux de la marée.
Ensevelie, enneigée, il ne reste presque plus de trace de l’aire soviétique.
Un mur d’enceinte et des gardiens veillent au repos des bâtiments abandonnés, sans parvenir à empêcher les plus pauvres de piller les derniers débris de métal. La survie sur un traîneau d’enfant. Avec de la chance, il aura de quoi boire ce soir.
L’espoir ? L’association Aral Teniwi construit une usine de séchage et d’emballage du poisson pour aider les pêcheurs à vendre leur pêche à prix convenable.
L’espoir ? L’association Aral Teniwi construit une usine de séchage et d’emballage du poisson pour aider les pêcheurs à vendre leur pêche à prix convenables.
Malevich était-il d’ici ?