Gilles, de la rue à la réinsertion

Photographie : Jérômine DERIGNY    

Janvier 2007. Gilles, SDF de 37 ans, fait sa vie entre montreuil et Vincennes. Une grande partie de la journée, Gilles fait la manche, toujours au même endroit.
Gilles a récemment refait son CV avec l'aide d'une habitante du quartier. Il aimerait retrouver un travail en menuiserie.
A la tombée de la nuit, Gilles s'inquiète de savoir où il va dormir. A tout hasard, il appelle chez sa sœur esperant pouvoir y passer une nuit.
Pour s'occuper, il marche dans les rues avant d'aller rejoindre son squat pour la nuit: la chaufferie d'un immeuble.
Une habitante du quartier a indiqué un hôtel, mais celui-ci affiche complet
Dans un tas d'"encombrants", Gilles regarde ce qu'il peut récupérer.
Gilles dormait avant dans ce parking. Le soir de Noël, des habitants de l'immeuble l'ont délogé enlevant toutes les affaires du coin où il s'était installé.
"Je n'en pouvais plus de cette vie-là. La galère, ça te coupe toutes les envies. Tu perds tes repères, tu ne penses plus à rien. Tu passes une nuit dehors, et tu prends vite l'habitude"
Juin 2007. Gilles est maintenant en réinsertion, logé en CHRS dans le 13è arrondissement de Paris. Il est hébergé pour 6 mois renouvelables.
Pause café dans le centre d'hébergement. Arrivé depuis peu, il est encore assez solitaire.
Commençant à se sentir plus à l'aise, Gilles organise un tournois de pétanque avec les autres hébergés, ainsi que les habitants du quartier.
Régulièrement, Gilles fréquente les assistants sociaux. Il cherche surtout à améliorer sa situation d'hébergement qui ne le satisfait pas.
Gilles a signé un contrat de deux ans chez Neptune, entreprise d'insertion à Montreuil.
Déménagements, gestion de l'entrepôt, Gilles reprend petit à petit l'habitude de travailler.
Après le repas, la responsable indique à chacun le planning de l'après-midi.
Mis en tutelle financière par son employeur afin de l'aider à gérer son budget, il demande de l'argent pour ses dépenses.
Tous les soirs, Gilles peut profiter de la banque alimentaire de l'association Neptune à Montreuil.
Depuis Neptune à Montreuil, Gilles met une heure pour rentrer à son hôtel à Clichy
Dans les rues de Clichy, il lit le programme télé de la semaine dans un journal gratuit.
"Je dors maintenant dans une chambre d'hôtel, sans salle de bains, que je paye au mois. Là-bas, je ne peux pas toucher les APL, alors la moitié de ma paye y passe…"
"Maintenant, je suis pressé d'avoir un vrai logement. Je pourrais retrouver ma fille de 17 ans qui vit chez ses grands-parents. A 38 ans, je rêve de refonder une famille. Mais je ne prédis pas l'avenir: je sais que je peux retomber du jour au lendemain. La vie est comme ça, on ne choisit pas…"