1/5 Les cueilleurs d’or

Photographie : Guillaume COLLANGES     Textes : Sébastien DAYCARD HEID    

Le village d'El Carmelo vit de l'orpaillage depuis sa création par des esclaves en fuite au 16 ème siècle. C'est le creuset de la culture afro-colombienne.
Igualdino Perea, 77 ans. "Même si je me sens fatigué, je dois regarder devant moi et je continuerai à miner tant que mes forces me le permettront".
Igualdino Perea, 77 ans, travaille la même mine depuis plus de 50 ans. Il n'utilise que des techniques traditionnelles, sans mercure, héritées de ces ancêtres.
L'or alluvionnaire se travaille à la batée. Pour les orpailleurs, extraire le metal de la montagne, est un travail de longue haleine.
Eneida Perea travaille dans cette mine artisanale pour aider son frère. "Les revenus varient de saison en saison, dit-elle. Parfois, on se casse les os pour pas grand chose"
L'orpaillage permet de faire vivre des familles souvent nombreuses, mais suite à la ruée des années 90, l'or n'est plus aussi facile à trouver.
Lorsque les enfants n'ont pas école, ils accompagnent leur parents qui peuvent veiller sur eux. L'apprentissage de l'orpaillage commence toujours ainsi.
Lorsque les enfants n'ont pas école, ils accompagnent leur parents qui peuvent veiller sur eux. L'apprentissage de l'orpaillage commence toujours ainsi.
Chaque matin, dans les rues de Tado, les creuseurs attendent les convois qui les mèneront vers les mines industrielles, où les propriétaires les tolèrent. La paix sociale est à ce prix. Grâce à ce travail rude et illégal, les parents financent les études de leurs enfants.
Ecole de Tado. 80 % des enfants sont fils ou filles de "Barriqueros" (creuseur sans terre travaillant sur les sites miniers industriels). La plupart des enfants souhaitent continuer leurs études à Quibdo ou Medellin. Mais des moyens de leurs parents dépendront la réalisation de leurs rêves.
Attirés par des rêves de fortune, les Barriqueros remuent des tonnes de terre et contribuent à la destruction de leur environnement.
Pour acheter la paix sociale, les propriétaires miniers tolèrent les Barriqueros (creuseurs).
Dans les mines illégales, beaucoup de femmes sont sans terre. Elles viennent ici pour trouver de quoi subsister. mais les copnditions de travail sont extrêmement difficiles. Elles travaillent pendant leur grossesse, parfois même jusqu'à terme.
Dans la chaleur et l'humidité, les Barriqueros prennent des risques pour trouver plus d'or. sans terres, ils n'ont pas d'autres choix que la mine pour nourrir leur famille.
Hommes et femmes cohabitent dans ces mines illégales. Il s'agit alors de trouver l'or le plus vite possible, que l'on soit creuseur ou ouvrier. Ici règne le chacun pour soi.
Dans la chaleur et l'humidité, les Barriqueros prennent des risques pour trouver plus d'or. sans terres, ils n'ont pas d'autres choix que la mine pour nourrir leur famille.
Dans la chaleur et l'humidité, les Barriqueros prennent des risques pour trouver plus d'or. sans terres, ils n'ont pas d'autres choix que la mine pour nourrir leur famille.
Les barriqueros sont attachés à leurs outils, spécialement les femmes. Certaines mettent un grain d'or au centre de la batée, pour attirer la divine providence. D'autres préfèrent rafistoler leurs outils, plutôt que d'en changer.
Il faut six mois aux pelleteuses pour extraire l'or d'une terre, derrière plus rien ne repousse.
Americo Mosquera a choisi de ne pas livrer sa terre aux machines. Avec sa famille, il préfère perpétuer la tradition minière artisanale dans le cadre du programme Oro Verde.
Avant mon père travaillait seul. C'est un homme très fort, persévérent. Pour nous, c'est un modèle à suivre et aujourd'hui nous voulons tous l'aider car il nous a appris comment faire quelque chose de notre vie".
Excepté une pompe pour alimenter en eau la mine, tout se fait à la main et sans mercure.
La mine artisanale fait vivre toute la famille et quelques voisins.
Edith Moreno est une femme indépendante qui aime gagner son argent et en disposer à sa guise. "Avoir un commerce est mon rêve mais je ne sais pas quand cela arrivera. Tout ce que j'espère, c'est d'avoir un jour cette chance grâce aux mines".
Dans les mines, il n'y a pas de différence de genre. Tout le monde participe, y compris les femmes. Elles préfèreraient faire autre chose, mais y trouvent aussi l'espoir de réaliser leur rêve, comme ouvrir un commerce pour Edith.
Edith Moreno est une femme indépendante qui aime gagner son argent et en disposer à sa guise. "Avoir un commerce est mon rve mais je ne sais pas quand cela arrivera. Tout ce que j'espère, c'est d'avoir un jour de la chance dans les mines".
L'autre rôle des femmes dans les mines, en dehors du travail physique, c'est la préparation des repas le midi. Si l'on ajoute à cela la nécessité de s'occuper du foyer une fois le travail terminé, c'est en fait une triple journée qu'elle doivent accomplir...
Sauf s'ils trouvent un emploi, la mine permettra à mes enfants de satisfaire leur besoins. Mais ce sera leur choix de continuer la tradition" Americo Mosquera.
Americo Mosquera, sur le perron de sa maison incrusté de monnaies porte-bonheur, rêve comme tous les mineurs de trouver la pépite qui lui permettra de souffler un peu.
Americo Mosquera rêve comme tous les mineurs de trouver la pépite qui lui permettra de souffler un peu et de passer du temps avec ses petits enfants.
La plupart des commerces de Tado, 17 000 habitants, survivent grâce à l'activité minière
Mariver aimerait en fait étudier le droit et finir ses études. Mais comme beaucoup de femmes de Tado, elle n'a pas eu assez d'argent pour commencer l'université."Si je n'y arrive pas, je ferai ce que je peux pour mes enfants. Je les soutiendrai, quelque soit leur rêve"
La mine artisanale fait vivre toute la famille et quelques voisins.
Sauf s'ils trouvent un emploi, la mine permettra à mes enfants de satisfaire leur besoins. Mais ce sera leur choix de continuer la tradition" Americo Mosquera.
Sur ces terres exploitées depuis 100 ans, la végétation repousse au bout de quelques années. Les terrasses permettent de reboucher les trous et de consolider la mine, que les mineurs revégétalisent avec des arbres fruitiers.
Avec un baton, les socios (associés) cueillent des feuilles de balso, qui une fois broyées, permettent de laver l'or de ses impuretés, sans utiliser de mercure.
Les feuilles de balso, une fois broyées, permettent de laver l'or de ses impuretés, sans utiliser de mercure.
Les feuilles de balso, une fois broyées, permettent de laver l'or de ses impuretés, sans utiliser de mercure.
La séparation de l'or et du platine se fait avec minutie, il ne faut rien perdre.
Les acheteur du programme Oro Verde viennent parfois à domicile. Ils achètent l'or et le platine deux pour cent plus cher que le prix du marché de Londres. Pour les mineurs, l'intérêt réside aussi dans le soutien logistique et financier que le programme fournit à la communauté, grâce aux 15% de plus value qu'Oro Verde réalise à la revente.
La pesée de l'or et du platine est toujours un moment solennel. De cet instant dépend l'avenir de la famille..Trois jours de travail auront rapporté à l'équipe 200 dollars.
Si la mine permet de s'équiper, de s'éduquer et de se soigner, l'agriculture permet de se nourrir et prendra le relais le jour où l'or disparaitra.
Oro Verde, c'est finalement l'histoire d'une prise de conscience: celle des mineurs artisanaux, qui ont compris que leur terre et leur savoir-faire ont une valeur.